Trop de centres, tue le centre…

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Samedi dernier aux Colloques de Menton, Pascal Perrineau et les autres invités nous expliquaient que, chiffres à l’appui, c’était bel et bien les classes moyennes qui payaient la dette, qui voyaient proportionnellement leurs revenus stagner, voire baisser par rapport aux plus pauvres et aux plus riches. De là, se renforçait un sentiment de déclassement. J’ajouterais que si le "sentiment" est réel, le déclassement aussi… Ils avaient beau expliquer que dans un contexte de mondialisation, leur situation n'était pas si dégradée que cela, force est de constater qu'à l'échelle de la société française, ce n'est pas si simple.

Sur le plan politique par contre, P. Perrineau constatait une sorte d’attentisme de leur part. Là d’ailleurs se trouve notre immense défiance de la classe politique actuellement, ce que Jean Lassalle démontre chaque jour. Défiance renforcée encore par le quinquennat qui certes évacue la possibilité d’une cohabitation, mais éloigne considérablement les citoyens de toute action sur l’exécutif pendant 5 ans tout en renforçant le pouvoir présidentiel et de ses centrales technocratiques. En ces domaines, ce que fait Jean Lassalle est essentiel comme lanceur d’alerte, tout comme l’est le nécessaire rééquilibrage de notre constitution. Le non cumul des mandats est aussi largement plébiscité par ces classes moyennes de plus en plus au fait et critiques de l’action publique - et celles-ci ne s’en désintéressent pas, bien au contraire. Réfléchir aussi à une forme de participation citoyenne au côté de la représentativité, pivot de notre démocratie, ne serait pas non plus complétement dénué de sens. Bref.

Que faisons-nous alors ? Nous attendons nous dit P. Perrineau. Oui… nous attendons le non cumul des mandats, nous attendons des élections directes sur les EPCI, nous attendons les prochaines échéances électorales… et qu’avons-nous ? Nous votons sans grand enthousiasme, ou nous ne votons plus… ou blanc… ou MoDem… Peu encore franchissent le pas du vote aux extrêmes populistes ; jusqu’à quand ? François Bayrou et son MoDem avaient compris cela et ont d’ailleurs fait de bons scores aux présidentielles ; et alors ? Rien. Rien parce que nos institutions binaires l’ont complètement marginalisé. Ainsi, pour revenir sur la scène politique, il se rapproche de l’UDI inféodée à la droite, et nous recrée une nostalgique et dépassée UDF. Je ne suis pas certain que les personnes qui l’ont suivi jusque-là le suivent sur ce terrain.

Dans tous les cas, le MoDem des Alpes-maritimes a décidé de ne pas se renier, et c’est plutôt une bonne nouvelle par les temps qui courent. Le ralliement à l’UDI est national et obéit à des règles nationales ; il ne sera pas automatique au local, surtout sur des élections municipales. Comment pourrait-on rester crédibles si nous abandonnions tout ce pourquoi nous nous sommes battus ? Pour rallier des gens qui ont suivi 24 ans l’UMP ? Eh bien non. C’est pourquoi on se fera encore railler parce que nous soutiendrons à Cannes une équipe de droite et à Menton une équipe de gauche. Et alors ? Le MoDem soutiendra aux municipales des équipes les plus à même de faire avancer nos idées, nos projets. Il propose d’ailleurs une charte sur laquelle tout candidat de droite comme de gauche pourra se positionner… ou pas. L’idée centriste n’est pas sectaire, elle est ouverte, généreuse et optimiste. Allons de l’avant, changeons notre paysage politique, et je me fiche de savoir si je suis de centre-droit ou de centre-gauche… MoDem je suis !
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Commentaires

1. Le jeudi 24 octobre 2013, 16:37 par Fabien Bénard

Alors, je n'ai pas compris le titre, mais encore du bel ouvrage !

2. Le jeudi 24 octobre 2013, 16:44 par Gilles Rainero

Le texte de Philippe traduit assez bien mon sentiment vis à vis de l'UDI : " méfiance et longueur de temps font mieux que fureur et rage". Je ne crois pas à une union au centre qui puisse changer durablement le paysage, sans envisager simultanément de tendre les bras vers les autres familles républicaines et démocrates. Or, la majorité des dirigeants de l'UDI /NC, sont allergiques à toute forme de rassemblement avec la gauche même modéré, pris aux pièges des alliances quasi systématiques avec l'UMP depuis 30 ans, sans que l'on sache vraiment se que pensent les militants, sont ils tous aussi dans cette pensée unique ? Pour ma part je ne le pense pas un seul instant.
C'est pour cela que l'union des centres dans ces conditions, restera au mieux une opportunité électorale pour certains cadres, mais certainement pas une ouverture vers le peuple qui aspire à l'union. Ne manquons pas encore une occasion de faire de la politique autrement, faisons des alliances avec les Républicains et les Démocrates dans nos communes, sans attendre le soir du grand soir. C'est cette idée que voulais exprimer Philippe en disant"trop de centre tue le centre" trop tourner vers son nombril ( plus exactement celui de ses dirigeants)

3. Le jeudi 24 octobre 2013, 16:46 par Thierry

Oui, bien analysé et... revendiqué ! ;-)

4. Le vendredi 25 octobre 2013, 13:45 par Laurent

Tout a fait d'accord avec ton analyse, mais il manque la cause principale de l’Échec

MOUVEMENT: Les idées viennent du peuple
-> Aucune synthèse sur laquelle sélectionner les militants et les candidats sur des points précis et non sur des valeurs symbolique pour lesquels n'importes quel politicien a l’honnêteté au dessus de la tête d'un enfant pourrer jurer

DÉMOCRATIQUE: la structure est plus sarkosienne que celle de l'ump
-> Aucune remontées, Aucun financement
Incarnation: Des actes pas des mots, A force de naviguer de façon opportuniste d'un dogme a l'autre, il a décrédibilise la notion d’équilibre stable.

STRUCTURE: Des la création du MoDem, la pire des erreurs,
Au centre Droit > l'UDF etait structurée, avec des élus
Au centre Gauche > création d'un parti avec les têtes d'affiches annoncées ????
Écologie > CAP 21 existait déjà
--> Une confédération aurait suffit, était structurée et gardais ses élus et ses militants, mais aurait nécessité de réaliser le vrais rapprochement des centre
--> Seul l'ego de notre président était en danger par risque de délégation

Aujourd'hui on voit le MoDem, maison mère d'un projet de centre équilibré tendre la joue a une de ses filiales, l'UDI, qui viens lui expliquer qu'en bon français, l’équilibre est de pencher d'un cote

Déçu du MoDem National, j’espère que nos idées d'une politique haute ne sont pas mortes.
Le national étant tombe bien bas, on vas avoir des lendemains sales...
Originel
Ami
Sérieux

PS: Jean Lassalle n'a bien-sur rien a voir dans toute mes critique.
Il est en plus unique dans son parcours vers le peuple

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