Rendez-nous les colloques de Menton !

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puceorange.gif L’édition 2016 vient confirmer hélas mon scepticisme de l’année dernière : Les colloques «nouvelle formule» s’avèrent être une catastrophe dans le fond comme dans la forme.

puceorange.gif Dans la forme tout d’abord. Sans doute les boîtes de communication qui gravitent désormais en mairie, en mauvaises et onéreuses conseillères du Prince, ont convaincu celui-ci de changer le format des colloques. Résultat : au lieu d’assister à des conférences, où l’expert pouvait développer son argumentaire et exposer l’état de ses recherches, de sa réflexion sur une question, nous assistons à une table ronde comme on nous en présente tous les jours à la télévision. Le fait même que ce soient des journalistes qui les animent renforce l’accélération du rythme et les questions d’actualité, en bons professionnels des médias qu’ils sont. Les colloques perdent toute originalité et intérêt. Notre plaisir était quand même de venir prendre une leçon, être porté par la brillante démonstration des uns, la verve d’un autre, être piqué ou remis en question par un de nos grands esprits ; bref, un plaisir intellectuel. Désormais, ceux-ci sont soumis au rythme journalistique de questions-réponses qui ne leur permet pas de déployer leur savoir, un argumentaire, l’ampleur de leur érudition accumulée au fil de leurs travaux. A la fin, eux-mêmes débattant entre eux, ils étaient capables de nous emmener avec eux très loin dans la réflexion. Tout cela est terminé.

puceorange.gif Vous m’objecteriez que cela ne nuit pas forcément à la qualité du propos. Faux : le problème est que de la forme découle le fond. Les intervenants n’ayant plus rien à exposer arrivent à Menton armés de leur bagage intellectuel et de toute leur expérience certes, mais les mains dans les poches. On gagne en superficialité et en confusion ce que l’on perd en qualité et rigueur intellectuelle. Un professeur enseigne et prépare son cours, même si je sais que pour un sarkozyste cela semble inconcevable. Le professeur ne se contente pas de répondre aux questions de la salle ; quelle formation auriez-vous ? Je continuerai néanmoins à initier mes lycéens dans le plaisir que l’on peut trouver à une réflexion intellectuelle et à la mettre en pratique dans la participation aux concours scolaires des colloques de Menton, comme chaque année, afin de récompenser l’excellence.

puceorange.gif Pire encore, lorsqu’il y avait exposés puis débat, il y avait nécessairement le souci d’inviter à la table des points de vues différents afin que naisse et puisse se développer la disputatio. Aujourd’hui, les tables rondes tournent en rond puisque tous les experts sont d’accord sur l’essentiel, la superficialité des choses : Le retour de la violence ? Tous d’accord. Le Vatican ? Tous d’accord. Aucun intérêt. Nous avons atteint des sommets dans la manipulation idéologique cette année quand des trentenaires formés dans nos plus grandes universités et écoles, tous issus de la droite la plus réactionnaire – si, ils ont réussi à trouver des trentenaires de la bonne bourgeoisie XVIe arrondissement boboïsante et réactionnaire – viennent nous expliquer la violence des banlieues en «débattant» d’une façon tout à fait artificielle et déplaisante. Cela sonne faux, cela insulte et contredit même les propos tenus lors de la table ronde précédente.

puceorange.gif Bref, J.C Guibal aura fini par détruire ce qu’il avait lui-même réussi à mettre sur pied. Comme quoi, durer n’est pas nécessairement discerner.

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