Retraites ? Vous avez dit retraites ?

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Emmanuel Todd dans un article récent et Jacques Attali dans son dernier livre «tous ruinés dans 10 ans ?» se rejoignent dans leur analyse sur un point : notre société change.

Nous passons vite, plus vite que prévu, à une société postindustrielle avec tous les bouleversements profonds que cela implique... et les peurs qui vont avec. Jouer uniquement sur ces peurs est, ni plus ni moins, que du populisme. Si la politique n'est pas seulement de la gestion à la petite semaine mais bel et bien l'anticipation des évolutions sur le moyen et long terme, le débat actuel sur les retraites est en effet central pour notre société.

À ce propos, alors qu'on me taquinait amicalement : « Alors ?... le modem sur les retraites ?... plutôt à gauche ou plutôt à droite ? » comme si j'avais éternellement à justifier le choix centriste, comme si décidément le modem était contraint de s'inféoder aux uns ou aux autres. Eh bien justement, s'il est un sujet sur lequel on doit se débarrasser des dogmes gauche – droite, c'est bien celui des retraites. La gauche a présenté ses propositions dernièrement : d'intéressantes pistes mais... on ne touche pas au sacro-saint âge légal de 60 ans. Ce que la droite propose ? : Augmenter le seul temps de travail des salariés sans encore de contrepartie demandé au capital. Ne pourrait-on pas jouer modérément sur les deux leviers à la fois pour maintenir notre système de retraite par répartition à flots sans augmenter la fracture sociale avec la capitalisation ou sans être simplement irréaliste ?

François Bayrou propose un projet global de société depuis 2007. Il avait alerté sur la dette, il avait alerté sur le système par répartition des retraites mis en danger depuis qu'en 1996, Alain Juppé n'avait pas réussi à le moderniser. Aujourd'hui, il nous propose d'en débattre et que cela fasse l'objet d'un référendum puisque cela engage toute la Nation.

Alors oui, vieillissement de notre population, désindustrialisation et disparition des ouvriers, classes moyennes écartelées, jeunes surdiplômés au chômage si les soixantenaires se maintiennent dans la vie active mais incapables, seuls, de payer pour tous. Heureusement, ces changements sociaux vont de pair avec une modernisation économique, de nouvelles formes de création de richesses qui débouchera sur une société différente. Le politique doit être là pour accompagner et organiser ces mutations. Le fil de l'Histoire somme toute.

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