Mot-clé - économie

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 28 mars 2017

L'orientation budgétaire 2017

logo_me_pt.jpg

puceorange.gif Chaque année, dans les deux mois précédant le vote du budget, un débat sur les orientations budgétaires (DOB) de la commune doit avoir lieu. Voici le texte de mon intervention au conseil municipal du 27 mars 2017 pour le Groupe "Mentonnais ensemble" :
dob2017.jpg
puceorange.gif Alors que vous nous avez brossé une situation économique où, à peu de choses près, rien ne va, nous préférerions constater que l’économie française retrouve des couleurs pour la deuxième année consécutive. Il est faux d’affirmer comme vous le faites, que l’investissement des entreprises françaises restera décevant en 2017, quand le CICE – crédit d’impôt, compétitivité, emploi – a permis au contraire, aux entreprises de retrouver des marges et d’investir à nouveau ; c’est particulièrement le cas des TPE-PME. Que l’économie française soit moins réactive que celle d’autre pays est normal dans un pays qui protège, qui amorti les chocs par une tradition de protection et d’aides sociales. Nous sommes bien conscients que certains veulent casser notre modèle social pour s’enrichir plus vite encore, mais il s’agit d’un choix sociétal désormais bien ancré depuis le Conseil national de la Résistance, et l’économie, ici, n’en tient qu’une part.

puceorange.gif Parce que nos entreprises hésitent encore à passer le cap de l’embauche de personnes, comme elles s’y étaient pourtant engagées, il conviendra en 2017 de lever les derniers freins, en particulier les effets de seuils qui les découragent encore, tout en préservant l’intégrité de notre modèle social, de notre sécurité sociale.

puceorange.gif La solution n’est pas dans le protectionnisme, nous sommes là d’accord, mais sans compromis du tout en ce qui nous concerne. On peut certes se désoler du Brexit, d’une évocation d’un Frexit car votre inclinaison est libérale, mais dans le même temps, posons-nous la question du pourquoi du retour de ce protectionnisme comme remède à tous les maux. S’il y a aujourd’hui une tentation de repli sur soi de la part des peuples, c’est à mettre en regard d’une Europe sourde à ses populations, négligeant leurs mises en garde référendaires, pour privilégier l’économie à leur détriment. Eh bien les peuples font désormais sans l’Europe. Vous pouvez aujourd’hui le déplorer quand vous présentez ici un tableau de la situation économique, mais il fallait ne pas renoncer à une Europe politique, car c’est celle des peuples, c’est celle de la démocratie, de la paix et de la solidarité. A Menton plus qu’ailleurs, il fallait bâtir une eurorégion de la Riviera franco-italo-monégasque comme ont su le faire les Alsaciens entre Bâle et Mulhouse ou les Lillois avec la Belgique. Au lieu de cela, on préfère réaffirmer les frontières comme si elles allaient nous protéger du vent de la mondialisation, et les suffrages des eurosceptiques s’envolent. On l’a oublié, mais le groupe d’opposition le plus important ici à votre majorité, ce n’est pas nous, ce n’est pas le groupe de M. Novelli, c’est le groupe FN qui vote tout et ne dit rien.

puceorange.gif Vos orientations budgétaires doivent donc être cohérentes ; vous ne pouvez pas nous annoncer que tout va mal, que l’État baisse ses dotations, et nous présenter dans le même temps un plan d’investissement conséquent pour la commune. Oui, l’État mène une politique, mais vous choisissez d’y aller contre. Si l’État baisse nos dotations, c’est pour encourager la mise en place de synergies intercommunales. Au lieu de cela, vous décidez de maintenir un Office de tourisme communal à l’aide d’une disposition détournée de la loi montagne, vous décidez du maintien de services d’urbanisme communaux, etc etc... C’est à se demander si le nouveau Président de la CARF est bien d’accord avec le Maire de Menton tant leurs intérêts divergent. L’intercommunalité ne va pas à l’encontre de l’intérêt des communes, elle adapte nos territoires et leur gouvernance. Elle doit plus conduire par contre, à la disparition des départements en récupérant leurs compétences. Là résident les nouvelles recettes pour nos budgets locaux. Alors +30% sur la taxe d’habitation des résidences secondaires, oui, la révisions des bases fiscales, oui, la mise à jour du RIL, oui, les cessions immobilières, passent, mais ce ne sera pas cela qui fera notre fiscalité locale de demain.

puceorange.gif Quant à l’investissement, c’est bien entendu une question de choix. 2017, sera le choix de l’aménagement de surface du parking des Sablettes maintenant que la plaie est ouverte ; ce sera le choix du patrimoine pour une part restauré, vendu pour une autre avec la vente de l’hôtel Adhémar de Lantagnac ; ce sera le choix de la vidéosurveillance, de la vidéoverbalisation et enfin, ce sera le choix des mises en DSP incontrôlées qui continuent avec la prise en charge du stationnement de surface à la même et unique société qui gère déjà les parkings souterrains, sans parler du massacre programmé de tous les oliviers du plateau St Michel alors que la puissance publique aurait pu investir, elle, dans un camping de qualité à l’environnement patrimonial préservé.

puceorange.gif Non, décidément, nous ne pouvons pas souscrire à votre orientation budgétaire.

2017-03-28_5.jpg

2017-03-28_6.jpg Nice-matin du 28 mars 2017

lundi 4 mars 2013

Journée des droits des femmes - 8 mars

jfemme2013.jpg

dimanche 9 septembre 2012

Enseigner le cynisme, ou de la morale à l’école...

devise.jpg

Mettons en parallèle deux choses qui se bousculent à ma porte en cette rentrée. D’une part beaucoup d’heures d’éducation civique juridique et sociale à assurer cette année, ce qui d’ailleurs balaye une pseudo introduction d’un enseignement de la morale républicaine à l’école laquelle existe en réalité déjà depuis Chevènement au milieu des années 80, et d’autre part, le livre de Stiglitz – le prix de l’inégalité - , l’augmentation des écarts de richesses confirmé et expliqué.

Je vous le demande : comment enseigner l’égalité républicaine sans cynisme aujourd’hui où l’estime, le respect, ne sont plus que fonction du bulletin de salaire ? Comme pour ajouter de l’huile sur le feu de l’actualité, Bernard Arnault demande à être belge pour échapper à l’impôt, ou encore les affaires se multipliant au plus près de nous – cf. billet précédent.

Liberté, égalité, fraternité qu’ils disent ! On a beau repeindre cette devise de peinture fraîche sur les écoles de Menton, allez l’enseigner ! Prenons juste l’égalité républicaine puisque c’est d’elle qu’il s’agit aujourd’hui. Tocqueville déjà la résumait en trois déclinaisons : l’égalité devant la loi, l’égalité des chances, et l’égalité de considération. Les trois sont aujourd'hui malades.

L’égalité devant la loi impose l’absence de privilège ; or tous les jours des passe-droits sont mis en avant au nom de l’individualisme triomphant au détriment du bien commun. L’égalité des chances traduit la méritocratie ; quels mérites quand l’école publique n’a plus les moyens de remplir sa mission, ou que les études deviennent si onéreuses qu'il faille s'endetter avant même d'avoir trouvé un emploi ? L’égalité de considération se rapporte à une même dignité pour tous ; cela n’existe plus depuis que l’argent est roi et seule aune. La rolex de Séguéla a fait date en la matière.

La démocratie même est ici en danger. De nature optimiste, je ne noircirai pas davantage le tableau. Des contre-pouvoirs sont là ; insuffisants, mais présents. Il y aurait beaucoup à dire sur le courage politique, sur l’indépendance des médias et de la justice. Qu’on veuille « rénover » l’école participe aussi de cela, mais pour quelle société ? L’État a un rôle historique à jouer, ou bien il sera emporté.

À lire, donc
stiglitz.jpg

jeudi 10 mai 2012

Plages criblées ou plages privées ?

drapeau_menton.jpg

Le saviez-vous ?... on crible les plages à Menton.

crible.jpg

En réalité, c’est une grosse opération de tamisage pour ranger le sable, plus apprécié des touristes, d’un côté et les galets de l’autre. Coût de l’opération : 17 000 euros.

Menton aura donc des belles plages cet été. Classée station touristique, elle aura tous les atouts pour vivre une belle saison 2012.

Un revers à la médaille cependant, auquel nous serons particulièrement attentifs. Une telle opération sur les plages, payée sur les deniers publics, ne doit pas préparer la privatisation rampante des plages mentonnaises. La concession de « plages privées » par la mairie dans la baie ouest est en effet une vieille marotte, alors que l’essentiel des plages de la baie est a déjà été privatisée.

La pression est telle que la loi est souvent mise à rude épreuve. Elle est pourtant simple : pas plus de 20% du domaine public littoral concédé, des « constructions » démontables et un libre passage de 3m le long du rivage. La plage doit en outre être libérée de ses équipements hors période de baignade soit 6 mois par an. Aucun élément d'ancrage durable au sol ne peut être installé… humm.

Baie est : à peu près 300 m de plages privées et 200 m aux Sablettes. Baie ouest : 1000 m de plages. Soient à peu près 1500 m de plages à Menton. 20 % équivaudrait à plus ou moins 300 m. Mes calculs ne sont certes pas précis, mais il ne reste plus grand’chose comme marge… à moins que les mentonnais ne se contentent des enrochements, considérés comme domaine public littoral aussi ?
plages.jpg

jeudi 13 octobre 2011

PRODUIRE, INSTRUIRE, CONSTRUIRE


EXPRESSION DIRECTE - 111011 - PRODUIRE INSTRUIRE... par mouvementdemocrate

jeudi 25 août 2011

Lecture de rentrée

urge.jpg

Le dernier ouvrage de François Bayrou est de la même veine que le dernier «abus de pouvoir» : un ton résolu, un constat implacable et éclairé, des solutions proposées. Bref ce qui m’avait d’emblée séduit en 2007 à l’heure du sarkozysme triomphant, je le retrouve pour 2012 : revigorant !

urgence.jpg

  • Un premier moment est consacré à l’explication de ses choix personnels et politiques. Comme s’il devait se justifier, François Bayrou rappelle ce que peu de gens osaient dire alors : injustice flagrante, affaire Tapie, présidence dévaluée, dette… Tout ce qu’aujourd’hui il est de bon ton de dénoncer, maintenant que le sarkozysme a vécu. Clairvoyant et fidèle à ses idées, Bayrou tient le cap, y compris lorsqu’il est abandonné de toutes parts.


  • Puis le ton se fait plus dur, il n’hésite pas à faire siens les mots fameux du Tigre alors qu’il reprenait les rênes de la France en pleine tourmente en 1917… Est-on en guerre ? En guerre économique certainement. Et là, le constat est sévère : nous la perdons. La solution n’est pas dans la démondialisation, qu’il assimile (un peu vite peut-être) au protectionnisme. A la suite de Zaki Laïdi, directeur de recherche à Sciences Po, et de bien d’autres que j’ai pu lire, il n’est pas question de faire cavalier seul dans un monde globalisé ; cela n’a pas de sens. La solution n’est pas non plus dans le Keynésianisme, une relance par l’état qui convient encore au PS. Où alors ? Une solution pour se sortir du mauvais pas dans lequel on est plongé serait le retour à un état planificateur (au bon sens du terme…). Cela passerait aussi par des charges notablement diminuées aux entreprises créatrices de richesses, comme il sied au bon libéralisme de marché, et par un effort juste et compris de la nation toute entière par la TVA – si le mot de nation a encore un sens dans cet univers égotiste. PRODUIRE donc. La France a les ressources, la technologie, les talents pour le faire à l’instar de l’Allemagne.


  • La troisième partie m’est allé droit au cœur, parce qu’en enseignant de la République que je suis, il n’y a pas une virgule à enlever tant les mots me sont enlevés de la bouche. Tout ce qui est écrit est on ne peut plus exact quand on vit l’école de l’intérieur et qu’on s’y bat pour sa pérennité. A quelques jours de la rentrée, ça remet le cœur à l’ouvrage : Merci.


Tant en économie que sur l’école, c’est un regard que j’ai trouvé mature, juste et implacable. Alors PRODUISONS et ÉDUQUONS chacun du mieux que nous pouvons, unis nationalement !

Vive la République, vive la France, Vive Bayrou ;-)

- BAYROU (F) « Abus de pouvoir » Plon, 2009
- BAYROU (F) « 2012 état d’urgence » Plon, 2011
- LAIDI (Z) « Le monde selon Obama » Stock, 2010

jeudi 23 juin 2011

Démondialisation ?

crise.jpg

  • Un petit livre sain ; de grandes idées salutaires.
  • Ce n'est plus de la vieille gauche dans laquelle je ne me reconnais pas. C'est contre l'ultralibéralisme ambiant.
  • C'est résolument européen.
  • C'est en faveur des peuples et des citoyens. La République plus forte que la mondialisation.
  • C'est de l'économie durable, éco-responsable.

Bref, une forme de centrisme révolutionnaire ! J'ADHERE !

demond.jpg
A. MONTEBOURG, "Votez pour la démondialisation !" Flammarion, 2011, 2 euros